La thérapie cellulaire au service du cœur

projet-innovant-cluster-innovations-europeennesLe projet de la semaine du cluster des innovations européennes Occitania Connection

C’est au CHU de Toulouse que trois études portant sur la thérapie cellulaire se développent actuellement, et pour lesquels des patients d’essai sont en cours de recrutement. Ces études ont chacune leur nom : ‘Excellent’, ‘Mesami’, et ‘Mesad’, et sont coordonnées par le professeur Jérôme Roncalli et son équipe de l’Institut Cardiomet. «C’est un petit programme insignifiant au niveau mondial, d’autres font sûrement cent fois mieux» diront les pessimistes, mais ils ont tort. Il s’agit en fait du plus important programme de ce genre en Europe, et il réunit – pour l’étude ‘Excellent’ – neuf centres, dont six en France et trois au Royaume-Uni, l’ouvrant ainsi à l’international. Mais je vous vois devant vos écrans, trépignant d’impatience de découvrir en quoi consistent ces trois études, ne vous inquiétez pas, le moment est venu d’en parler.

Tout d’abord, ces études ont au moins une chose en commun: elles reposent toutes sur l’utilisation de cellules de la moelle osseuse, souvent celles du patient lui-même, qui seront à chaque fois injectées dans le cœur dans le but de le réparer. Ça n’est d’ailleurs pas la première fois que le CHU de Toulouse mène des expériences de ce genre, et c’est même un pionnier dans le domaine, puisqu’il a réalisé en 2005 la première injection en France de cellules souches par voie intracoronaire, et en 2009, il a été le premier à réaliser cette opération directement dans le cœur à travers des artères périphériques, comme le précise cet article de «La Dépêche».

Mais nous avons assez parlé des points communs; l’étude ‘Excellent’ consiste à traiter des patients touchés d’un infarctus sévère du myocarde trois semaines plus tôt au maximum. On récupère des cellules-souches sanguines issues de la moelle osseuse, on les met en culture en utilisant l’automate développé par CellProthera, qui permet de multiplier par vingt le nombre de cellules en neuf jours. On les réinjecte ensuite directement dans le cœur du patient pour le réparer.

L’étude ‘Mesami’, quant à elle, vise les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque malgré des artères bouchées ou réparées, ce qui touche un million d’individus en France. Cette étude est entièrement Made in France. Là aussi, on prélève des cellules de la moelle osseuse, des cellules mésenchymateuses, qu’on met en culture avant de les réinjecter dans les parties viables du cœur. L’idée est de réparer le cœur avant qu’il ne soit trop affaibli, et ce procédé fonctionne plutôt bien, puisque la phase 1 a révélé une augmentation de 7 % d’éjection systolique (de sang) à chaque contraction, ce qui est positif pour le patient. Mesami réunit six centres français qui recrutent 90 patients pour les essais.

Enfin, l’étude ‘Mesad’ est assez particulière. Sa grande différence avec les autres procédés, c’est qu’elle ne se focalise pas que sur l’utilisation de cellules de la moelle osseuse. Elle est destinée aux personnes nécessitant une transplantation ou la greffe d’une assistance mécanique, et cette assistance, dans le cadre du protocole, est effectivement greffée. Cependant, on injectera aussi des cellules de la moelle osseuse de façon à réparer le cœur afin de pouvoir, à terme, se passer de l’assistance artificielle, c’est une révolution par rapport à ce qui a été fait jusqu’ici, quand ces greffes étaient définitives.

Jérôme Roncalli, qui coordonne ces trois études, a dit à La Dépêche, «Nous avons commencé avec la transplantation d’organes, nous injectons maintenant des cellules. Demain, ce sera le gène. C’est l’évolution naturelle de la science et de la médecine.» Avec ces études, avec ce projet, nous avançons vers l’avenir, nous innovons vers des moyens plus simples et moins risqués de soigner des patients, et cette innovation est dirigée par des occitans.

Marc Leménager,

1ère année en DUT MMI – Métiers du Multimédia et de l’Internet.
IUT A Paul Sabatier, site de Castres.

 

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